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13.02.2007
L'heure des challengers : Toyota Auris D-4D 5p. : l'alchimiste
C'est le début des grandes manoeuvres sur le segment le plus prisé en Europe : celui des compactes polyvalentes. Fiat veut confirmer son renouveau avec la Bravo, alors que Toyota lui oppose son Auris - qui remplace la Corolla - avec la volonté de rajeunir sa clientèle.
Pour élargir la cible vers une clientèle plus jeune et séduire le marché européen à la hauteur du succès rencontré par la Corolla sur les marchés asiatiques, Toyota change le nom de son best-seller en Auris. Référence à l'or, cette transmutation se base sur un style original inspiré de la Yaris, une silhouette haute pour tirer profit de la mode des monospaces compacts et un habitacle soigné, copié une fois de plus sur l'étalon Audi A3.
Si l'Auris réussit quelques tours de force comme l'obtention d'un Cx record de 0,29 ou des places arrière particulièrement habitables grâce surtout à l'absence de tunnel central, quelques maladresses ternissent la brillance du bijou. Calandre en deux parties, nervures de capot, grands projecteurs remontant vers la base du pare-brise, niches pour les antibrouillards : tous les ingrédients de la recette à la mode sont là mais le résultat visuel manque de saveur. La poupe est également bien banale. Heureusement, le profil dynamique, mis en relief par une troisième glace en virgule, sauve la mise.
A l'intérieur, en revanche, la planche de bord est une réussite. Implantation haute du levier de vitesses, double boîte à gants, aspect des matériaux, design et éclairage des instruments se combinent pour composer un habitacle accueillant.
En dépit d'un empattement hérité de la Corolla - parmi les plus courts de sa catégorie -, l'Auris joue sur sa hauteur pour offrir plus qu'une impression d'espace. En conservant une hauteur sous pavillon de 97 cm à l'avant, Toyota a pu implanter les sièges en hauteur de manière à sauvegarder un minimum de visibilité, occultée vers l'avant par des montants de pare-brise doubles à la manière d'un monospace.
L'implantation du levier de vitesses sur une console formant pontet reprend le meilleur des monospaces, mais les petits gabarits trouveront le levier placé trop en arrière. Il faudra incliner le dossier, ce qui implique de conduire bras tendus ce que tout le monde n'apprécie pas. La qualité des sièges se situe dans la norme avec, une fois de plus, des assises un peu courtes à l'avant, un travers commun à la plupart des voitures actuelles.
La capacité du coffre, honorable, peut être doublée en rabattant les dossiers arrière mais, l'Auris renonçant à l'astuce du double fond, la surface de chargement n'est pas plane, laissant en relief la barre transversale entre les passages de roues et des dossiers inclinés dont les mousses seront comprimées par la charge. On croyait être en 2007 !
Avec ce moteur D-4D de 126 ch couplé à une boîte à six vitesses aux trois rapports supérieurs exagérément longs, l'Auris accélère fort, file sur autoroute, consomme peu mais peine dans les reprises. Elle a ainsi du mal à se démarquer franchement des versions de 90 ch servies par une boîte aux cinq rapports bien étagés. Pour les deux, la consommation reste très modeste.
Sur route, la direction à assistance électrique fait preuve de précision et de vivacité tout comme les trains roulants qui procurent un comportement équilibré. On regrette toutefois de devoir se contenter d'un essieu de torsion à l'arrière, hérité de la Corolla, lorsque les modèles de 177 ch disposent de bras triangulés superposés.
Côté confort, Toyota a soigné la filtration des vibrations et le niveau sonore reste dans la norme en dépit d'un bruit d'air sensible à partir de 100 km/h à la base du pare-brise. Il faut aussi supporter des résonances pénibles du moteur à certains régimes et lors de fortes accélérations.
Dévoilée au Salon de Paris, l'Auris n'est en fait qu'une Corolla surélevée de 4 cm au style modernisé et aux prestations améliorées, tout du moins avec les blocs qui intègrent la gamme, à l'instar de ce D-4D de 126 ch. C'est surtout à l'intérieur que les amateurs de Corolla découvriront un monde plus moderne tandis que, dotée de sept airbags, l'Auris rejoint les derniers standards Toyota.
Michel MEILLERAY
Points forts
Habitabilité
Présentation intérieure
Sécurité passive
Consommation
Points faibles
Modularité limitée
Visibilité
Style extérieur
14:35 Publié dans Toyota | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Toyota, Auris, essais argus, auto



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